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Posté par Pat1135rice

Clio 16S : la "French touch !"

L’univers des sportives Renault met souvent en avant une couleur : le bleu. Qu’il soit « 418 », « Sport », « Méthyl », « Artic », la liste n’est pas exhaustive, la marque au losange symbolise à merveille une époque lointaine où chaque pays possédait sa propre couleur dans les épreuves sportives automobiles, d’où l’origine du « bleu de France ». Bon, le bleu c’est bien joli, mais à force ça peut devenir lassant. Pour ma part, ayant possédé et possédant encore quelques fleurons de la marque arborant la dite robe, j’avoue une certaine indigestion… Ceci étant dit, vous comprendrez pour quelle raison j’ai eu un véritable coup de cœur pour une belle rouge sensuelle au regard. Et n’en déplaise à nos amis italiens, c’est « la touche franchésée » qui a frappé son moteur double-arbre. Eh oui, ce n’est pas du sang rouge qui coule dans ses entrailles mais bel et bien du sang « bleu » (encore !). La belle rouge qui m’a tapé dans l’œil se nomme Clio 16S et je me dois de vous la présenter, histoire de vous contaminer…


Si les Clio 16S et 16V ont longtemps végété dans l’ombre de la Williams, il semble bien que cette époque soit révolue. Et il n’y a pas que la différence de prix entre les modèles comme seule explication. Aujourd’hui, la 16S a ses aficionados qui ne jurent par elle et uniquement que par elle. Et si le tuning a fait des ravages en son temps, des passionnés ont heureusement relevé le gant et s’appliquent à sauver et faire vivre les exemplaires restants. De nombreux propriétaires en ont fait leur «daily driver»et certains n’hésitent pas à s’engager dans des restaurations dont le coût dépasse de loin la cote actuelle du modèle. Et puis, forte d’une épopée sportive bien marquée, des mordus de la piste lui font revivre l’époque de « la Coupe » en la vidant, l’arceautant, modifiant les trains roulants et les freins et la greffant de la puce qui va (soi-disant) bien.

Retour vers le passé !

C’est à l’aube des années 90 que la Régie délaisse la technologie du turbo pour s’engouffrer dans celle du moteur multisoupapes. Fini le coup de pied au cul de la R5 GT turbo, bienvenue au caractère linéaire du 16 soupapes. Marqué avec la R19 16S, l’essai sera transformé avec la Clio un an plus tard. Si cette génération de moteur est beaucoup moins démonstrative que la précédente, la technologie de cette mécanique est quand même d’un autre tonneau que l’antique bloc Cléon. Et puis surtout, c’est en terme de comportement que se joue la différence. La R19 comme la Clio sont des références en terme de châssis. Cette dernière sera même sacrée « Sportive de l’année 1991» par la revue « Echappement » devant la Lancia Delta HF Intégrale. Excusez du peu !

Dans le même temps, la Clio 16S fait son entrée dans le championnat de France des rallyes groupe A. L’équipe de Patrick Landon accomplit un travail remarquable. Avec près de 200 cv pour 860 kg, bien assise sur ses Speedline de 16 pouces chaussées de pneus Michelin, l’engin en impose. Jean Ragnotti et Philippe Bugalski en seront les pilotes fétiches. L’histoire est en marche, on connaît la suite…
Ca, c’est pour le rallye car depuis la R8 Gordini, Renault, c’est aussi « la Coupe ». Et là, musique maestro. Après la R5GT turbo, la Clio 16S va chanter une mélodie bien plus aiguë : un multisoupapes, ça prend des tours ! De 1991 à 1996, période où elle sera produite, la Clio 16S va faire les beaux jours d’une multitude de pilotes sur les circuits français. Les empoignades seront sévères, se transformant bien souvent en joutes de chiffonniers… A ce sujet, François Cornuault, dans son excellent livre consacré aux Clio Williams et 16 S, écrira « qu’en Clio Coupe, il fallait mieux avoir un ami carrossier » ! Succès oblige, la formule étendra son rayon d’action hors de nos frontières avec la « Clio Eurocup » de 1992 à 1995.

Côté production, la Clio 16S, comme toute la gamme Clio, connaîtra un restylage en 1994 (phase 2). Elle prendra alors la dénomination de 16V. Les modifications extérieures les plus visibles portent sur les jantes, la calandre, les baguettes et les rétroviseurs. A l’intérieur, outre les sièges, les changements sont plus subtils tels la couleur des aiguilles de compteurs ou encore la forme des boutons de commandes du chauffage. Au total, environ 31500 Clio 16S et 16V sont tombées des chaînes.



La belle rouge d’aujourd’hui




Lorsque j’ai vu cette auto présentée à la vente lors de la dernière bourse de Châtellerault, je me suis laissé aller à certaines onomatopées doublées du nom vulgaire que l’on donne à certaines dames du soir… et les amis qui m’accompagnaient n’étaient pas en reste. Pour sûr, ça faisait des années que l’on n’avait pas vu une aussi belle Clio 16S. Et l’auteur de ce forfait a vite été identifié puisque nous nous trouvions sur le stand de l’ami Sylvain, créateur de PSD. Vous allez me dire « encore lui ? » et vous aurez raison. Désolé, tout le monde n’a pas la chance d’avoir un tel artiste à côté de chez lui. Et quand on a cette chance, on en profite et on en parle ! Surtout quand le personnage a le chic de nous mettre régulièrement des merveilles sous le nez ! Déplacez-vous à Vendeuvre je vous dis, ça vaut le détour !

« Il s’agit d’une des dernières phase 1, couleur rouge étrusque 763» explique Sylvain. « Mais on retrouve déjà le volant, les rétros et les anti-brouillards de la phase 2. Même à la concession, ils ont du mal à s’y retrouver car Renault assemblait des voitures de transition lors des restylages. C’est une auto que nous avons restaurée. Le travail a été mené à 80% par Pierre-Louis (voir article sur PSD), c’était son projet ».
Le résultat est époustouflant. Outre le fait qu’elle a été entièrement repeinte (compartiment moteur et entrées de portes compris), les soubassements et les passages de roues ont été refaits à l’anti-gravillon, les baguettes en noir satiné, les bandeaux de pare-chocs en gris granuleux. Tous les détails et j’en passe (balais d’essuie glace, les poignées de portes…) sont traités comme à l’origine, le maître-mot de Sylvain ! Même les montants de portes ont retrouvé un adhésif conforme à cette fameuse « origine » ! Mais la cerise sur le gâteau est le traitement appliqué aux jantes : Décapage, peinture et polissage, on se trouve face à de véritables œuvres d’art ! Au final ce sont des heures et des heures de travail passées sur cette auto et ce n’est pas fini puisque quelques détails vont encore être traités. Impressionnant !





Sur la route


Pas question d’un road-trip à la Kerouac, une simple balade sur mes routes préférées suffira. La belle chauffe doucement après un démarrage au quart de tour. L’intérieur est dans un état remarquable, les sièges ne sont pas avachis, les commandes sont douces c’est de bonne augure. Plusieurs kilomètres en mode tranquille mettent en avant une souplesse de bon aloi, bien meilleure que ce que certaines revues de l’époque on pu écrire. Sur nos petites routes de campagne, c’est très reposant surtout que la voiture est bien suspendue. Les aiguilles sont au beau fixe, surtout la pression d’huile qui me donne le sourire. Retour donc au garage par une voie permettant quelques franches accélérations. Pas de doute, il ne faut pas hésiter à emmener l’aiguille du compte-tours vers des sommets élevées. A 7000 tours, elle respire bien mieux que moi dans la montée de l’Alpes d’Huez qui ne culmine pourtant qu’à 1800 mètres…

Bon, Sylvain, je te rends les clés. Si je ramène encore une Clio à la maison, ma moitié va me faire des misères. C’est pourtant dommage car entre ma Bleue et cette superbe rouge, je sais laquelle aurait roulée le plus régulièrement…



- Quelques lectures et sites (listes non exhaustives) :

Lectures :
- « Clio Williams », livre de François Cornuault chez l’autodrome éditions. Une bonne partie est consacrée à la 16S
- Revue « Echappement » : n° 269 de mars 91 et n°278 de décembre 91
- Revue « Sport-Auto » n°350 de mars 91
- Revue « Youngtimers » n°2 de juillet/août 2010
- Revue « KM/H » n°16 de février 2011 et n°36 de décembre 2012
- Revue « Carbu » n°9 d’avril/mai/juin 2011

sites :
- http://www.passion16s.com
- http://www.clio-williams.net/



Place aux photos !



Avant restauration




Après restauration !









Quel travail pour redonner aux jantes cet éclat!







Le F7P tourne comme une horloge












L'intérieur est dans un état remarquable



Bon, finalement, vous ne trouvez pas que ça nous change un peu des voitures bleues ?



Transmis le 07 avril 2013 à 22:36  (suite... | 1 commentaire )